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ZAN : une suppression démagogique et populiste à rebours des réalités locales

  • 15 avr.
  • 2 min de lecture

Le vote intervenu à l’Assemblée nationale sur la loi de simplification de la vie économique, actant un détricotage du dispositif Zéro Artificialisation Nette (ZAN), appelle une réaction claire.


Oui, le ZAN, dans sa version initiale, devait évoluer. Il ne prenait pas suffisamment en compte certains projets industriels indispensables à la réindustrialisation du pays. Mais dire aujourd’hui que le ZAN bloquait l’industrie est un contresens.


La réalité du terrain est connue de tous. Et surtout, les données le confirment : depuis des décennies, l’artificialisation des sols n’a pas été portée par l’industrie, mais principalement par l’habitat et le développement commercial. C’est précisément ce modèle qu’il fallait corriger, sans supprimer toute régulation.


À Manosque et sur le territoire de DLVAgglo, nous avons fait un autre choix. Celui de reconquérir les friches plutôt que d’étendre la ville. Celui de mobiliser le foncier existant, avec des opérations comme la Glacière ou l’ancien tribunal. Celui d’optimiser l’aménagement urbain, notamment dans la zone Saint-Joseph. Celui, enfin, de densifier intelligemment, en respectant nos engagements en matière de logements et de besoins locaux.


Nous, nous n’avons pas sacrifié la production de logements sur l’autel du ZAN.


Les données du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) confirment cette évolution. Sur le périmètre de DLVAgglo, la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers atteint 556,5 hectares entre 2011 et 2024, dont plus de 90 % réalisés avant 2021. Depuis, la dynamique s’est nettement infléchie, avec seulement 50,3 hectares consommés entre 2021 et 2024.


À l’échelle de Manosque, cette trajectoire est encore plus marquée : sur 98,4 hectares consommés depuis 2011, près de 92 hectares l’ont été avant 2021, contre à peine 6,3 hectares sur les trois dernières années. Cette évolution traduit un changement profond de méthode : moins d’extension, davantage de réinvestissement urbain, avec un recours accru aux friches et à l’optimisation du foncier existant.


Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le temps de l’étalement est derrière nous. Il est possible de concilier les enjeux. Je le dis à mes amis de la Droite et du Centre, je le dis également à mes collègues élus locaux et à nos concitoyens : oui, nous pouvons produire des logements, tout en préservant nos paysages et en respectant le travail de nos agriculteurs. Oui, nous pouvons préparer l'avenir avec responsabilité en favorisant la réindustrialisation, pour la souveraineté de la France.


Le choix fait aujourd’hui à l’Assemblée nationale est une impasse. Plus encore, il révèle une contradiction que chacun pourra apprécier : les députés qui ont approuvé ce texte seront demain les premiers à contester, localement, des projets d’aménagement au nom de la préservation des terres agricoles ou des paysages. On ne peut pas, dans le même temps, refuser un cadre national et s’opposer, territoire par territoire, aux projets qu’il permettait d’encadrer.


La cohérence doit guider l’action publique. Pour notre part, nous continuerons à défendre une ligne claire : protéger nos terres agricoles, maîtriser notre développement et préparer l’avenir avec responsabilité.


Camille Galtier

Maire de Manosque

Président de DLVAgglo


 
 
 

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